Portrait de Maxime Lannoo
Maxime Lannoo fondateur du studio Rouges Plumes

Interview HalowaysSeptembre 20264 min de lecture

Rouges Plumes, c'est la version 2.0 de l'entrepreneur que j'ai été

Directeur artistique et graphiste depuis 2018, Maxime Lannoo dirige Rouges Plumes, studio spécialisé dans la création d'identité visuelle et la conception de supports de communication. Il travaille pour des indépendants et des entreprises qui se lancent, ainsi que pour des grands groupes. Installé en Corse, sa terre natale, il travaille très largement à distance.

L'interview

10 questions à Maxime

Un échange avec Charles Vidonne

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Maxime Lannoo

Je suis directeur artistique et graphiste depuis 2018. Je dirige le studio Rouges Plumes, spécialisé dans la création d'identité visuelle : conception de logo, charte graphique, univers visuel, pour des indépendants, des start-up, des TPE et des PME.

Je conçois aussi des supports de communication, imprimés comme digitaux. Là, j'ajoute une expertise grand groupe, avec de grands noms comme Écouter Voir ou Leroy Merlin. C'est mon quotidien.

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

Maxime Lannoo

Beaucoup pour Écouter Voir, presque quotidiennement. Ce sont presque des collègues, je suis sur de nombreux dossiers avec eux : annonce presse, vitrine, affichage, supports pour les magasins.

Je travaille aussi sur une identité visuelle pour une avocate en droit social. Et sur un appel d'offres pour un grand groupe, dont je ne peux pas dire grand-chose : je fais tout l'habillage et la direction artistique pour qu'ils décrochent le marché.

Quels ont été les tournants de ton parcours ?

Maxime Lannoo

Le premier grand virage, c'est la décision de me lancer à mon compte. Je m'y suis mis dès la sortie de mes études, en 2018, en auto-entrepreneur comme beaucoup de monde.

J'ai eu la chance que le groupe chez qui j'étais en alternance me fasse confiance, et il me fait toujours confiance depuis 2018. Cela m'a aidé à me lancer, et le bouche-à-oreille a fait son chemin.

En 2020, tu t'associes à deux camarades d'études : que s'est-il passé ?

Maxime Lannoo

Juste avant le covid, je me suis associé à deux personnes qui étaient avec moi en études. Nous avons créé un collectif de trois graphistes, qui a duré six mois. Pour des raisons plus humaines, nous n'avons pas continué l'aventure, mais c'était un grand tournant.

L'entreprise avait cessé, et c'est là que j'ai lancé Rouges Plumes, en 2020. Le nom fait référence aux plumes rouges du phénix qui renaît de ses cendres, après l'entreprise qui n'avait pas marché. C'est aussi un animal fantastique, bien lié au design et à l'univers imaginaire qu'on peut lui associer.

« Rouges Plumes fait référence aux plumes rouges du phénix qui renaît de ses cendres. »

Maxime Lannoo

Lancé en région parisienne, tu vis aujourd'hui en Corse : qu'est-ce que ça a changé ?

Maxime Lannoo

Je m'étais lancé en région parisienne et je suis retourné sur ma terre natale, en Corse, pour travailler de là. Cela n'a rien changé à mes clients, c'est toujours pareil, sauf que je travaille beaucoup à distance maintenant.

Quelles rencontres ont compté ?

Maxime Lannoo

Celles de mes deux anciens associés, avec qui j'ai créé ma première entreprise. Même si elle n'a pas marché, c'était une belle expérience.

Vers 2020, j'ai aussi rencontré Yannick, le fondateur de La Savonnette. Nous nous sommes fait confiance dès le début : je me lançais, lui aussi. Je lui ai fait une identité visuelle à moindre coût, pour nous tester l'un et l'autre. Nous sommes devenus amis, nous nous sommes épaulés, son entreprise a grandi et j'ai grandi avec lui.

Avec Yannick, le fondateur de La Savonnette, vous êtes aussi allés jusqu'à vous associer ?

Maxime Lannoo

En 2021, nous avons créé une entreprise ensemble, en Haute-Savoie cette fois, puisqu'il est savoyard. C'était une agence qui accompagnait les entrepreneurs à se lancer : je gérais l'identité visuelle, lui le conseil digital et le conseil entrepreneurial. Nous étions aussi associés à un avocat en droit des affaires, qui gérait toute la partie statut.

Cette aventure n'a pas continué non plus, mais nous sommes restés tous les trois très amis et nous continuons à travailler ensemble. C'était une belle rencontre.

J'ajoute les gens d'un réseau d'entrepreneurs que je viens tout juste de quitter. J'y ai rencontré des personnes exceptionnelles, qui m'ont beaucoup fait grandir.

Qu'est-ce qui te différencie ?

Maxime Lannoo

Je pourrais dire que je suis un très bon designer graphique, mais ce n'est pas un axe différenciant : je donne un travail de qualité quoi qu'il arrive, c'est la base.

Ce qu'on me dit souvent, c'est que je suis moi-même. Je ne mets pas d'artifice, je suis très naturel, très spontané. Cela peut me desservir parfois, mais en général cela me sert. Dès que je travaille avec un client, j'instaure tout de suite une relation de confiance, de partenariat, d'égal à égal.

Et je suis beaucoup dans la pédagogie. Je ne fournis pas une création sans expliquer pourquoi je propose tel ou tel design. Quand un entrepreneur se lance, il découvre un monde énorme, et le design est un sujet dans lequel on peut se perdre.

J'ai développé un process d'accompagnement très poussé, étape par étape. Dès le lancement du projet, je fournis une sorte de notice avec toutes les étapes clés : où l'on en sera à chaque moment, où le client devra intervenir, quel livrable il recevra et quand.

On m'a souvent dit que ce fait de tenir le client par la main était un plus. J'explique mes choix, j'écoute, nous sommes dans le débat. Je n'impose rien, le client ne m'impose rien, nous sommes dans un échange constant.

Que cherches-tu aujourd'hui ?

Maxime Lannoo

Cela fait cinq ans que je fonctionne ainsi et l'idée n'est pas de faire grossir l'entreprise plus que cela. La taille actuelle me convient : je veux surtout pérenniser et stabiliser ce que j'ai. C'est mon ambition depuis deux ans, et pour l'instant j'y arrive.

Je cherche donc des clients qui m'apportent de la régularité, avec des demandes récurrentes. Et je veux continuer à faire parler de moi auprès des entrepreneurs et des entrepreneuses qui se lancent. C'est une cible compliquée à trouver : elle est invisible avant de créer son identité visuelle, et une fois qu'elle communique, mon travail est déjà fait.

Je suis en recherche constante de projets de création. Pour cela, je suis dans des incubateurs, et notamment chez Haloways, pour faire des rencontres au quotidien.

« Cette cible est invisible avant de créer son identité visuelle, et une fois qu'elle communique, mon travail est déjà fait. »

Maxime Lannoo

Si tu devais recommencer Rouges Plumes, que ferais-tu autrement ?

Maxime Lannoo

Cela peut paraître prétentieux, mais je ne changerais rien. Tout n'a pas été parfait, il y a eu des loupés, surtout avant Rouges Plumes, dans les expériences dont je t'ai parlé. Je me suis pas mal cassé les dents, je suis tombé, je me suis beaucoup relevé.

D'où l'emblème du phénix. Rouges Plumes, c'est l'apogée de toutes ces expériences, celles dont j'ai tiré des leçons. C'est la version 2.0 de l'entrepreneur que j'ai été. Toutes les décisions que j'ai prises, j'en suis fier. Je garderais les bonnes choses comme les mauvaises.

Propos recueillis par Charles Vidonne. Production : Nicolas De Monte.

Ce que Maxime recherche

  • Des entrepreneurs et des entrepreneuses qui se lancent et ont besoin d'une identité visuelle.
  • Des entreprises avec des besoins récurrents en création et en supports de communication.
  • Des clients qui apportent de la régularité, pour stabiliser le studio.

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